08 décembre 2005
Cinq sur six
Et de cinq! L'avant dernière séance de chimio s'est passée sans encombres aujourd'hui. Un peu claqué, comme d'habitude, un peu fébrile, un peu la gerbe, mais bon, rien de bien handicapant. J'attends de voir néanmoins si je vais de nouveau me manger un solide contrecoup comme cela avait été le cas à la 3e et 4e. Contrecoup au moral notamment. Mais pour le moment, tout va bien, l'idée de m'éloigner un peu de Bordeaux dès samedi et pour toute la période des fêtes me fait déjà du bien.
Après discussion avec mon hémato, il m'a été confirmé que la radiothérapie commencerait début février et ce pour un mois. Mon dernier rdv avec lui aura lieu le 2 mars. Je peux donc tabler sur un retour en terres québécoises dans la foulée. Le suivi aura alors lieu à Montréal, tous les quatre mois au début.
La radiothérapie à Bordeaux sera contraignante : séances cinq jours sur sept, à raison de 5-10 mn par jour. Donc difficile de prévoir aller sillonner les routes de France par monts et par vaux. Mais bon, si ça permet d'aller plus vite...
Mon petit canard
Je vais encore en faire baver plus d'un(e) avec mes affaires de bouffe, mais alors là... alors là!!
Mercredi soir : Direction le lycée hôtelier de Talence, à quelques kilomètres de Bordeaux, où Serge et moi allions assister à un cours de cuisine. "Le canard dans tous ses états" : tel était le thème des réjouissances. Et on n'a pas été déçus. Menés de main de maître par un chef qui a visiblement longtemps dû hésiter entre la carrière d'humoriste et de cuisinier, ancien chef de l'Elysée, nous nous sommes régalés, plus de quatre heures durant, à confectionner foie gras au torchon ou en terrine, confit de canard maison, parmentier de confit aux pommes et jus d'ail, magret grillés nappés de sauce à l'orange... Un pur délire culinaire dans une ambiance ultra-sympa, open bar, tutoiement de rigueur pour tout le monde... plus on bouffait avec les doigts, plus on rigolait, et plus cela devenait jouissif. Bref, du grand, du très grand... le plus difficile va être de trouver des canards gras au Québec. En attendant, je suis revenu à la maison avec mes trois terrines de foie gras mi-cuit aux pruneaux et pommes au cognac, et deux cuisses de canard confites au four. Ça promet pour le prochain cours, début janvier, au même endroit. La thématique sera alors... le foie gras. Quelle surprise!!
Bon, fini de rigoler, place aux photos maintenant.
Chef Vincent Poussard sait comment s'y prendre avec les canards
Le foie gras, dénervé, salé et poivré, est prêt à être cuisiné
Canard confit maison en train de doucement bouillonner dans la graisse de canard
... voilà le résultat au bout d'une heure et demie de cuisson
Magrets rôtis et sel de Guérande
Confection des parmentier de confit aux pommes et jus d'ail
Ma terrine de foie au pruneaux et pommes juste avant d'être enfournée
Les terrines, après 20 minutes au four en bain-marie à 105 degrés
Magret rôti et poire braisée au cognac, accompagné de sa sauce à l'orange
Serge, spécialiste es découpage du foie gras
07 décembre 2005
Chef d'oeuvres picturaux, suite
Après Caro et son calendrier, je ne résiste pas non plus à faire état d'un autre chef d'oeuvre de composition et d'originalité, dans un tout autre style toutefois. Une magnifique carte postale directement envoyée de Marseille par Lolo et Pouch'... Dans le genre vous avez quand même fait très fort tous les deux! Je peux vous dire qu'elle trône fièrement sur mon pèle-mèle! ;-)
Pascal, peux-tu te targuer d'avoir un si beau spécimen dans ta collection personnelle, déjà pourtant bien fournie?
Avec des "X"
Lundi, "X", mardi, "X", mercredi, "X".. J'enchaîne les croix sur le calendrier. Bientôt la quille. 5e chimio demain, bientôt la 6e, un mois de radio ensuite... Autant d'étapes qui s'egrennent et s'égrenneront petit à petit sur le magnifique calendrier que ma belle a fait de ses petites mimines et qui m'est parvenu hier. Décembre, janvier, février... C'est pour bientôt ! Aller Caro, les mot "guérison" et "retour" sont chaque jour un peu plus proches. ;-)
Et une photo pour la 12, une!
Eva, Serge, voici votre voeu ici exaucé. Il fallait quand même me laisser le temps de recharger ma batterie d'appareil photo ! ;-) En tout cas, vous avez vu le coordonné avec ma casquette radio-canadienne? Bravo!
Pour ceux que cela intéresse, Eva confectionne également de magnifiques écharpes ornées de perles brodées, et elle ne compte pas son temps.
Aux fourneaux!
Mardi soir, les hommes à la cuisine! Eva et Serge m'invitent à dîner, l'occasion pour Serge de se lancer dans la grande cuisine et d'appliquer de nouveau les préceptes que le chef Nicolas Frion nous avait distillés lors de notre première séance de cours de cuisine. Ce soir, ce sera magret grillé au jus d'olives, servi avec purée de topinambours-noisettes, épinards à la crème et cerfeuil tubéreux. Pour ceux qui ne connaissent pas ce tubercule d'un autre âge, précisons d'abord qu'il est assez difficile à trouver. Pas aussi difficile
toutefois que semblait le prétendre chef Frion, pour qui il fallait limite avoir une autorisation de la DGSE pour espérer le retrouver dans son assiette. Serge, en grand fouineur de bonnes denrées qu'il est, en a trouvé en barquettes au supermarché (dont nous tairont le nom, on est pas fous non plus). Le tubercule, de forme oblongue et gros comme un petit navet, se cuit simplement à l'eau, se pèle en tournemain, a la consistance de la banane cuite et le goût de la châtaigne.
Bon, bref, Serge s'est déchiré pour préparer tout cela, et on y a mis les formes. Les photos témoignent de notre sincère application. Pour finir, le dessert, et pas des moindres : mousse au chocolat glacée, tuiles citron-rhum et farandole de pommes. Ah mais!!! On ne se fout pas des invités dans la maisonnée! En plus de repartir repus et heureux, je repars avec un bien beau cadeau sous le bras : un magnifique tablier fait main par les petites mimines d'Eva pour mes futures expérimentations culinaires. Fichtre! C'est Noël avant l'heure chez les Ryndzunski-Toussaint!!! Merci les amis!!!!!
Ce soir, on continue avec Serge sur la lancée gastronomique avec notre 2e séance d'école de cuisine au lycée hôtelier de Talence. Au programme : "Le canard dans tous ses états"... Magrets et terrines de foie gras n'auront bientôt plus de secret pour nous.
Serge, on se l'ouvre quand notre resto??
06 décembre 2005
L'incident est clos
C'est mardi, le jour de mon (nouveau) psy. "Monsieur tête" m'avait fait une drôle d'impression la semaine dernière, lors de notre toute première rencontre. Un peu trop jovial, souriant, exclamatif à l'écoute de certaines de mes histoires. Bref, un peu trop réactif, alors que mon psy de montréal brillait de par son impassivité. Cela m'a un peu agacé à vrai dire, alors je lui ai signifié aujourd'hui. "Votre cadre est vraiment différent de celui auquel j'étais habitué", lui ai-je diplomatiquement déclaré à l'issue de la séance. Avant de carrément lui dire que ses exclamations m'avaient saoulé. Et lui de me répondre avec le sourire qu'il était comme ça, et que son travail clinique avec des patients aux pathologies lourdes l'avait forcément "un peu déformé". J'acquiesse alors, précisant que de toutes manières j'étais à même d'arrêter de le voir si jamais j'en avait marre. On est tous les deux partis à rire. Merci, ça fera 40 euros.
Aller hop! Les soucis du lundi sont oubliés, la maison jaune est loin derrière. On a fait longuement le point avec Guigui. Tout roule et tant mieux. D'ailleurs, j'ai autre chose à foutre que de dépenser de l'énergie pour rien. Alors je profite de la belle journée ensoleillée pour reprendre le dessus.
05 décembre 2005
Petite annonce
Recherche maison au bord de la mer pour passer d'agréables vacances à la fin de l'hiver.
Cette demeure devra :
- Ne pas avoir d'escalier extérieur vermoulu afin d'éviter de se faire mal lorsque l'une des marches vient à céder sous le poids de l'imprudent grimpeur qui voudrait aller réparer une tuile abimée
- Ne pas avoir de housses de fauteuil en vieux draps de grand-mère sous peine de se voir accusé d'avoir délibérément fait des trous dedans
- Ne pas avoir de cabanon afin que l'on ne puisse prendre le risque d'être soupçonné d'en avoir perdu les clefs
- Ne pas avoir de cheminée (malheureux!!!) capable de brûler un stère de bois en quatre jours. Et quand bien même elle le pourrait, qui serait assez con pour brûler autant de bois en aussi peu de temps?
- Ne pas posséder de BBQ rouillé à 300 euros car c'est alors forcément sur ma gueule que ça tombe et après ça fait des embrouilles.
Sinon la maison jaune était très bien.
Quick Quick Quick
Oui, je sais, une langue, ça évolue, il y a plus de mots français dans la langue anglaise que l'inverse etc etc.. Oui, mais j'ai le droit aussi d'être de mauvaise foi et de gueuler si ça me défoule. Alors oui, certains diront que c'est facile de tirer sur le pianiste, surtout quand il a les pieds attachés, mais aujourd'hui, c'est encore sur l'enseigne Quick que ça tombe, vu que je suis allé y manger ce midi avec mon père. Donc après l'ouverture "Easy Peal" de Saupiquet, monument d'originalité pondu dans un moment d'extase par des publicitaires sous acid, voici que débarquent chez Quick cette fois-ci les nouvelles spécialités culinaires de la saison. Accrochez vous, car leurs noms dépotent.
Nous trouvons ainsi le "Street Hot Dog". Ne me demandez pas pourquoi ce chien chaud citadin s'est vu attribuer le qualificatif "street", j'en sais rien. A croire en tout cas qu'ils gardent dans les cartons le "country hot dog", voire le "mountain hot dog". Toujours est-il que le fromage de mon Street était pas fondu. C'est un scandale, appelez le directeur.
De fromage, il en est aussi question avec les trois burgers tout fromage de l'hiver. Entrez entrez dans la Cheese Fever!! On trouve ainsi le "Full Emmental", suivi de près du "Power Tomme", et enfin le "Intense Raclette". Les publicitaires de chez Quick ont tous dû faire la même formation en frangliche option mongoloïde. Jouons un peu voulez-vous? Imaginons que Quick décide de mettre prochainement en vente : un sandwich à la merguez sauce piquante et un autre crabe-crudités. Sur le même principe des noms frangliches savamment trouvés par notre équipe de publicistes adorés, imaginez les noms de ces deux prochains burgers. Top Chrono.
04 décembre 2005
Je me fais chier
Tel un Denis Podalydès en train de souffler dans sa superbe caravelle gonflable sur la plage, je m'adonne aujourd'hui aux joies de l'emmerdement version + +. Il fait pas beau, il vente... Bref, ça me gave, j'ai plus de films québécois à me mettre sous la dent, ma chambre est un vrai bordel. Que du superflu pourrait-on dire, sauf que le superflu a tendance à m'obnubiler de plus en plus en ce moment. Quand on s'emmerde et que son seul horizon est celui des murs de sa chambre, la limite est vite atteinte.
Je crois que je vais aller donner à manger aux lapins-nains du Parc Bordelais, cela va m'occuper. A moins que la Banque Alimentaire soit ouverte. Tiens, je vais passer un coup de fil, au moins, je me rendrai utile comme ça.







