(La parenthèse)

Une parenthèse de quelques mois, loin du Mont-Royal et des poutines du Rapido. Quelques mois à prendre pour soi, et terrasser la bête. Québec ou France : les amis sont là, d'où qu'ils soient. Merci à vous, et n'hésitez pas à y aller de vos commentaires!

31 août 2006

La linea

jmtNe me demandez plus comment tout ceci est parti à la base. Toujours est-il que Calissou s'est dernièrement mise en tête de nous réaliser un dessin du comédien français Jean-Marc Thibeault. Le seul, l'unique époux de notre Maggie nationale. Et devinez quoi? Ben elle l'a fait, dans des délais qui ont laissé la blogoshère toute baba, esbaudie, flabbergastée, bref, sur le cul.

Ah vous voulez voir le résultat? Ben c'est ICI que ça se passe.

Je vous laisse, j'ai un dessin de Jenifer, de la Star Ac' 1, à potasser...

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Fin août, début septembre

la_vague_complice31 août. Une date bizarre. Pour moi, cette journée a souvent été synonyme de déménagement. Aller, on fourre tout dans la 4L de papy et la voiture des parents, oncles et tantes, et on rapatrie à Bordeaux la maisonnée, déménagée 30 jours plus tôt dans les environs de Lacanau. Déjà, vers le 20, on sentait que la bascule avait penché de l'autre côté. Les soirées se faisaient plus fraîches, le soleil moins rayonnant. Vers le 25, certains commerces avaient même commencé à fermer, et il fallait aller un peu plus loin pour aller chercher les baguettes pour le petit déjeuner. Beaucoup de maisons avaient maintenant les volets clos. On ne trouvait plus le petit garçon avec qui, parfois, on faisait des courses de vélo, juste après le déjeuner, au moment où le soleil cognait le plus fort. Les familles étaient rentrées avec bagages, bouées, canots pneumatiques et bambins, dans la hâte de la rentrée à venir. Moi, je poussais vaillamment jusqu'au 31 avec mes grands parents. Et je savais que, de retour à Bordeaux, je trouverai une chambre toute fraîche, propre, ordonnée, préparée avec soin par maman. Le tapis sentirait bon l'eau de Cologne, le bac des tortues aurait été changé. Le numéro spécial rentrée d'Okapi proposerait des étiquettes rigolotes pour mettre sur les cahiers. Bref, finies les vacances. Eternel recommencement de nos années d'étude.

Et puis là, rien. Je suis ici depuis le 26 juillet. J'ai vu les copains, les copines, j'ai dormi, lu, me suis reposé. Mais ce changement, ce glissement d'août à septembre, je ne l'ai pas senti. Comme si je me situais en permanence en dehors du temps. Toute cette année, je n'ai eu droit qu'à des bribes de saisons. La fin d'été tronquée l'an dernier, suite au diagnostic et le retour sur la France. L'hiver blanc et froid à Montréal, juste deux petites semaines. Le début de printemps pluvieux à Bordeaux, puis l'arrivée de l'été au Québec. Mais rien de plein, d'entier. Je me disais naïvement que peut-être je pourrais avoir un mois de septembre à peu près normal, mais même là, faut que je revoies ma copie. Si le coeur vous en dit, dit la formule consacrée. Moi mon coeur, hier, au contact de la sonde du cardiologue, me disait d'attendre encore un peu. Alors c'est ce que je vais faire.

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La kiné

Bon, le bon côté de tout ça, c'est que je vais pouvoir poursuivre un peu plus longtemps mes séances de kinésithérapie. Car pour tout vous dire, ma kiné est très loin d'être une personne désagréable. Elle me palpe, me masse, prends ma tête sur son ventre. En plus, elle est jeune et jolie comme un coeur, à défaut malheureusement de ne pas être célibataire. On peut pas non plus tout avoir sous la main...

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30 août 2006

Mon coeur s'épanche... ou vernis jusqu'au bout

La petite manifestation inflammatoire de ces derniers jours a un nom : épanchement péricardique léger. En gros, une légère quantité de liquide est venue s'intercaler là où elle ne devait pas suite à l'opération. Résultat : "des anti-inflammatoires, du repos, du repos et encore du repos". Combien? "au moins trois semaines à un mois". Du coup, adieu Montréal la semaine prochaine, ça devra attendre la fin du mois.

Je suis dépité, abattu, très amer. J'en peux plus de tout reporter. Papa me dit de me conditionner comme si j'avais une jambe cassée, que je pouvais rien faire. Mais me dire que je peux même pas marcher dehors dans un parc, aller visiter les potes d'un coup de train, même pas aller festoyer un petit peu et rire à gorge déployée, ça me fout le moral en berne. Quand cette merde finira-t-elle? Quand est-ce que j'aurais moi aussi un peu le droit d'avoir le coeur léger, de rire simplement sans arrières pensées, de ne plus avoir ce noeud dans la gorge? Quand est-ce que je pourrais arrêter de poser tous mes congés au boulot parce qu'il faut que je me fasse charcuter/biopser/chimiothéraper à 6000 bornes de là où je voudrais être? Quand est-ce que je pourrais juste vivre? Aller, on pense à toi, plein de bonnes pensées, c'est bientôt fini, tu es fort, tu vas passer à travers, bravo pour le moral. Je m'entends dire cela depuis des mois. J'aimerais tant y croire. Mais ce soir, je crois plus à grand chose à vrai dire. J'ai même plus la force de pleurer, de me lâcher un bon coup.
J'ai juste envie de rien. Le néant absolu.

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29 août 2006

Allan, Anastasia, Sandra et les autres

aout2006_372Retour sur ces quelques journées bien agréables passées aux côtés d'Eva, Serge et leurs deux rejetons, Louis et Alice. Pujo-le-Plan : 540 habitants à tout casser, sa mairie, son clocher et sa superbe salle des fêtes, entichée pour l'occasion d'un chapiteau multicolore car, croyez-le ou non, les fêtes de Pujo-le-Plan avaient pile lieu en fin de semaine. Qu'ai-je fait durant ces cinq journées? Rien. Dodo, bouffe, dodo, quelques histoires aux deux pitchounes, aout2006_408un peu de télé et de promenade dans l'immense jardin aux merveilles. Je remercie d'ailleurs infiniment mes hôtes pour m'avoir totalement décomplexé de n'avoir rien fait et de m'être totalement fait prendre en charge. Hmmm, parfois, ça fait un de ces biens!

Je remercie ensuite Eva et Serge de m'avoir initié à certaines pratiques télévisuelles auxquelles je n'avais pas encore succombé. Il en va ainsi de ces formidables émissions que sont Koh Lanta et L'île de la tentation.

Dans la première émission, des gens évoluent sur une plage, parmi les ronces et les épines d'acacias de 40 centimètres de long, sans lave-vaisselle ni radio-réveil. Rendus moches à force de se voir privés de chocos BN et de protéines durant 40 jours, la peau usée par le soleil et les infections, ils font tout pour se faire aimer de leurs congénères d"infortune et ainsi éviter de se faire éjecter du jeu.

aout2006_148aout2006_152La seconde émission se déroule quant à elle dans les lieux paradisiaques. Là, des gens en apparence beaux (faut aimer le blond décoloré tendance pétasse et les catogans), aout2006_150et ayant fréquemment recours au pot de gel capillaire, au collagène, au silicone et accessoirement au botox, font tout pour se faire détester de leurs conjoints. aout2006_153But de la manoeuvre : enchaîner quéquet... pardon... CONQUÊTES sur conquêtes. L'image de l'Amour, le grand, le bel amour, en prend pour son grade. Aller roulez jeunesse, ici, on est dans la cour d'école : t'as touché la bistoukette d'Allan sur le jet-ski, je me vengerai dès ce soir en me pendant aux nénés d'Anastasia sur la terrasse en tek.

aout2006_156aout2006_541Mais Pujo-le-Plan, ce sont aussi de belles visites, comme la superbe bastide de La Bastide d'Armagnac, datant du 13e siècle. Ou de beaux marchés, comme à Villeneuve de Marsan et ses canetons tout mignons, ou encore  Mont de Marsan le samedi, avec ses confits, ses canards, ses cucurbitacées et ses superbes fromages.

51359730_LEnfin, c'est avec une émotion non dissimulée que mon sommeil du week-end a été bercé par la discomobile des fêtes vautives locales et ses groupes phares : 2 Unlimited, Dr Alban, Ace of Base, sans oublier le "Holiday Rap" de mon enfance que je chantais en yoghourt devant mon miroir avec un faux micro.

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Pas joignable...

bell_telephone_1_mdPour info, mon chargeur de téléphone portable a tenu a prolonger un peu plus ses vacances dans les Landes (le chanceux...). Aussi, je n'ai plus de batterie, et mon portable est présentement éteint. Donc, pour ceux qui cherchent à me joindre depuis deux jours, je vous invite à m'appeler chez ma môman. Si vous n'avez pas le numéro, laissez-moi un petit message sur benbef@hotmail.com, je vous le communiquerai.

Bon, mis à part ça, je me coltine depuis deux-trois jours un état de fatigue un peu pénible. Fièvres nocturnes, gros coups de mou, douleurs intenses dans les épaules, courbatures. La nuit dernière, j'ai même rêvé à l'ancien président français Georges Pompidou, c'est pour dire...

imgJe suis allé voir le toubib cet après-midi. Peut-être un petit début de pharingite caché par la codéïne. ll faut dire qu'à huit Efferalgans codéinés par jour, il y a de quoi faire tenir debout un éléphant en phase terminale. J'ai totefois été faire des analyses sanguines pour en avoir le coeur net. Manquerait plus que je me tape une coqueluche là-dessus...

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28 août 2006

Y'avait, ya plus... N'en parlons plus

Petit post rapide pour vous donner des nouvelles du rdv avec mon hémato ce matin. La masse envoyée pour analyse laissait toujours apparaître en sa périphérie des cellules tumorales, du même type que celles détectées l'année dernière. Pour autant, l'hémato ne parle pas de rechute. Selon lui, il arrive qu'à l'issue de certains traitements contre les lymphones, des masses malines persistent. Sans pour autant qu'une fois ces masses enlevées, le risque de rechute s'en voit plus élevé. Or, comme dans mon cas, cette masse était parfaitement localisée, et qu'elle a été enlevée par chirurgie, eh bien on en reste là. Pas de chimio complémentaire, pas de radiothérapie. Rien. Juste une surveillance serrée dans les mois à venir, et un nouveau tep dans trois gros bons mois. Car faire un tep tout se suite ne servirait à rien, sachant que je sors tout juste de chirurgie.

Je suis donc "soulagé". Enfin par là, je veux dire "OUF, pas de chimio"... C'était mon appréhension première. Par contre, c'est vrai que je suis encore dans l'attente. Celle d'avoir enfin sous les yeux un tep vierge de toute fixation. Chose que je n'ai encore jamais eu. Il est de toutes manières évident que ce sentiment d'attente et ce besoin d'être rassuré va me poursuivre encore un petit bout de temps. Mais je crois qu'une fois que le prochain tep me montrera que tout va bien (je touche du bois), je serai sur la bonne voie.

Le retour sur Montréal est pour bientôt... Encore deux petites semaines de repos, et je serai fin prêt pour partir affronter le rude hiver québécois! Il commençait à me manquer ce salaud...

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24 août 2006

Frelonnade

Erik Truffaz en trame sonore, les chênes qui se balancent au loin, un jardin extraordinaire, la verdure des Landes, le glou-glou du ruisseau, le ploc de la rainette dans l'étang. Pujo plage, Pujo-ville, Pujo-détente. Trois jours maintenant que je profite de ce havre de paix perdu au fin fond des pins et des hautes herbes. Les figues sont mûres à point, les poires juteuses, et les frelons jamais bien loins. Les pompiers ne se déplacent plus pour en enlever les nids. "Voir pages 204 à 220 des pages jaunes, rubrique extermination", précise la pompière à Serge. Mon frelon à moi s'est envolé la samaine dernière, mais sa piqûre brûle encore. La plaie... Belle, prometteuse selon doc Serge qui m'a aidé à refaire mes pansements hier. Pas de rougeurs, juste une belle ligne de vie verticale, et un trou, juste en dessous, qui tarde un peu à se refermer. Question de jours. Jeudi. Les résultats de l'anapath ont dû tomber sur le téléscripteur de l'hémato. Le verdict me sera présenté lundi. J'ai peur. On enlève tout et on surveillera ensuite m'avait dit le spécialiste en juin. Mais j'appréhende, et m'attends au pire.

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22 août 2006

Plus on le fait, et plus on peut ne pas l'faire

seikoN'en déplaise à une frange de la blogsphère qui préfèrerait me voir compter avec un boulier et estimer l'heure avec un couteau suisse, j'ai finalement craqué hier pour une petite boite à cadran d'un prix respectable, contenant un mécanisme d'horlogerie et utilisé pour connaître l'heure. A savoir donc une montre. Une belle montre, pour fêter l'abandon de mon petit bracelet jaune de malade et provoquer un peu ma bonne étoile, qui je l'espère, va finir par se manifester. Après mûre réflexion, mon choix s'est porté sur une Seiko Kinetic Auto Relay du plus bel effet, classe et sobre, massive et galbée, qui cache sous sa robe d'acier brossé un mécanisme on ne peut plus ingénieux.Friand de technologie, je vous ferai grâce cette fois-ci de la montre avec fonction "météo-breaking news-avertisseur de courriel", beau joujou qui était tombé en panne un an après que je l'ai acheté et qui finalement n'avait que peu d'intérêt. Savoir qu'il fait -40 quand on est dans le blizzard, vous avouerez qu'on peut trouver mieux... Non, le top du top maintenant, c'est la technologie qui se fait invisible, la sophistication conceptuelle, le petit plus qui fera causer dans les soirées mondaines et qui fera dire à la jeune fille énamourée "Mon Dieu, qu'il est beau et clairvoyant cet homme. Il me fait penser à Michel Leeb..."

Alors pour info, le principe Kinetic, c'est que la montre n'a pas de pile et se recharge grâce à un petit balancier interne qui s'active lorsqu'elle est en mouvement. Bon, rien de bien nouveau là dedans, ça existe depuis des années. Là où ça devient intéressant, c'est l'auto relay... Imaginez un peu. Non seulement la montre se remonte toute seule, mais en plus elle dispose d'un petit condensateur interne qui prend le relais dès lors qu'elle n'est plus portée. Au bout de trois jours d'inactivité, au lieu de se mettre à pleurnicher toute seule dans son coin, ma montre à moi se met en mode "veille". Les aiguilles s'immobilisent, tout en continuant de mesurer le temps qui passe. Et dès que son subtil propriétaire la remet au poignet, HOP!, elle se réajuste automatiquement
à la seconde près comme par magie !!! Oui médèèème. Et même que si on la porte assez longtemps et qu'elle accumule suffisamment d'énergie, elle peut rester jusqu'à quatre ans en veille.

Donc, si on résume, le Kinetic Auto Relay, c'est magnifique. En fait, plus on porte la montre, et plus on a la possibilité de ne pas la porter. Etonnant non?

Serge passe me chercher à midi. Direction : château Pujeau, pour un trip mauriacien pure laine en plein coeur des Landes sauvages. Odeurs de pins mouillés et cris d'enfants en trame sonore. Il va faire bon être entouré de cette joyeuse smala, piquer du nez dans un roman tout en sirotant une citronnade. Slurp!

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21 août 2006

Convalescence au vert

Serge et Eva m'ont proposé d'aller passer quelques jours cette semaine dans les Landes, à une bonne heure de Bordeaux, dans leur maison familialle de Pujeau. Serge viendra me chercher demain. Ca va me faire du bien de me retrouver en leur compagnie avec les petits. Je prépare de ce pas mon cartable de belles histoires pour Alice. J'en ai même quelques unes en réserve pour Louis, notamment celle de la nappe, de l'âne et du bâton, ce conte basque que me lisait maman quand j'étais petit. Repos dans le transat, le chapeau de paille sur la tête, belles histoires, pêche à la ligne dans la rivière, bonne bouffe... tout pour une convalescence réussie ma foi!

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